En tant que psychologue, cette proposition me laisse perplexe et mériterait un groupe de travail dans le cadre de l’INAVEM :
« Les victimes devenues adultes pourront ainsi se libérer du traumatisme subi en engageant des poursuites judiciaires ».
Le cadre législatif permettait vingt ans après la majorité soit d’effectuer des poursuites judiciaires, et / ou de tourner la page et de vivre.
Pour le mis en cause ce projet de loi propose un argument de poids, il pourra être poursuivi toute sa vie, mais avec quelles preuves après un si grand nombre d’années ?
Pour la victime, l’effet peut être à l’inverse de celui escompté. Le fait d’avoir une date de prescription propose un cadre et une limite dans le temps. En ayant la possibilité d’envisager toute sa vie durant d’aller devant les tribunaux, on verra le risque pour la victime de focaliser ses pensées sur ce traumatisme au lieu de le surmonter.
On assistera alors à une « victimisation » d’un grand nombre de personnes ?
Ce projet est il vraiment fait pour aider les victimes ?
Chantal De Mey- Guillard
Psychologue Coordinatrice de LAVI
Co -auteur de « subir ou rebondir après une agression »
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LAVI - LYON aide aux victimes
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